Maroc un futur Hub régional d'investissement 

 Après l’accord tripartite  Le Maroc, un futur Hub régional d’investissement ?

Cette visite est symbolique d’une nouvelle étape diplomatique majeure pour le Royaume du Maroc, mais pas seulement, car elle comporte des aspects économiques substantiels pour l’Afrique du Nord dans son ensemble. En effet, l’arrivée mardi soir à Rabat d’une délégation de haut niveau conduite par le conseiller spécial du président américain, Jared Kushner, accompagné de Meir Ben-Shabbat, conseiller à la sécurité nationale d’Israël, ouvre la voie à un développement et à une attractivité accrus du Maroc.

Le Sahara marocain désormais ouvert aux entreprises américaines

Le voyage de la délégation de haut niveau fait suite à ce qui est considéré comme un « tournant » dans la question du Sahara marocain, après l’annonce par les États-Unis, le 10 décembre, de la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur ce territoire, qui fait l’objet d’un différend avec le Front Polisario – soutenu par l’Algérie voisine – depuis près de quarante ans. Juste après la reconnaissance, l’Amérique a notifié sa décision au Conseil de sécurité de l’ONU et les cartes officielles du Maroc ont toutes été modifiées par l’administration américaine pour inclure le Sahara marocain comme partie intégrante du Royaume d’Afrique du Nord.

Conflit de faible intensité, enlisé par de nombreuses tentatives de médiation infructueuses sous l’égide de l’ONU, la question du Sahara a fait l’objet d’une proposition de « large autonomie » par Rabat en 2007, qualifiée de « sérieuse et crédible » à de nombreuses reprises par l’organe onusien. Le Front Polisario a rejeté cette initiative, demandant que l’indépendance reste une option sur la table.

Au-delà, Washington a joint l’acte à la parole en annonçant l’ouverture prochaine d’un consulat américain dans la ville de Dakhla, au Sahara, ce qui signifie que tous les investissements internationaux ne sont plus exposés à d’éventuelles sanctions.

En outre, lors de la visite à Rabat, où la délégation de haut niveau a été reçue par le roi Mohammed VI au palais royal, un engagement des États-Unis à investir près de 3 milliards de dollars sur quatre ans dans des projets privés a été signé entre le PDG de la Société financière américaine International Development Finance Corporation (DFC) et président exécutif de Prosper Africa, Adam Boehler, et Mohamed Benchaaboune, ministre des finances du Maroc. Selon les termes de l’accord, la branche financière américaine doit faire du Maroc son « Hub » pour l’Afrique du Nord.

Réactivation des relations diplomatiques avec Israël, le Maroc engagé dans la « solution à deux Etats

En parallèle, la visite de la délégation de haut niveau a vu la signature d’un accord tripartite entre le Maroc, les Etats-Unis et Israël, réactivant ainsi les relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv, interrompues depuis 2002. Il convient de souligner à cet égard que le Maroc est un pays à part dans le monde arabe, puisque pas moins de 700 000 juifs marocains vivent en Israël et que le Royaume du Maroc reconnaît dans sa constitution ses racines juives. La communauté juive marocaine vivant encore au Maroc bénéficie de la reconnaissance de ses spécificités à travers ses propres tribunaux rabbiniques ainsi que de la liberté de culte.

Alors que l’accord signé entre les parties réactive les mécanismes diplomatiques et de coopération, notamment l’ouverture de routes aériennes directes entre les deux pays, Rabat a souligné son engagement en faveur de la « solution à deux Etats », avec une place particulière accordée à Jérusalem, dont l’organisme de préservation, l’institution « Al Qods », est dirigé par le souverain Mohammed VI. Selon les termes de cet accord, les juifs marocains résidant en Israël pourront retourner dans leur pays pour y faire des pèlerinages, du tourisme ou investir dans un certain nombre de secteurs prometteurs.

Un pays stable, tant sur le plan institutionnel que macroéconomique

Le Maroc présente de nombreux avantages pour l’Amérique mais aussi pour Israël en tant que centre régional d’investissement, notamment vers l’Afrique. En effet, le Royaume jouit d’une stabilité institutionnelle et macro-économique dans une Afrique du Nord qui a connu une dernière décennie mouvementée, et le pays s’impose progressivement comme une plate-forme industrielle majeure, produisant pas moins de 700 000 véhicules par an et accueillant l’écosystème du géant américain Boeing. En outre, le pays a déployé une importante stratégie « verte », en abritant la plus grande centrale solaire et en poursuivant une stratégie de mix énergétique qui devrait réduire drastiquement ses émissions de carbone d’ici 2025. Enfin, le pays bénéficie d’une excellente infrastructure et exploite depuis plusieurs années la première ligne ferroviaire à grande vitesse entre Tanger et Casablanca. Le Maroc bénéficie également d’accords de libre-échange avec plus de 50 pays dans le monde, et est très actif sur le continent africain, étant le deuxième plus grand investisseur en Afrique. Les banques et les compagnies d’assurance marocaines sont particulièrement actives, avec une présence dans plus de 30 pays africains.

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